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Majdi Khoudeir, Directeur d’ISAE-ENSMA et professeur des universités.

par | Fév 17, 2024 | Interviews / Podcasts, Retrouvez toutes nos actualités | 0 commentaires

« Croyez en vos rêves ! Il y a plein d’exemples de réussites dans la société»

Majdi Khoudeir est Directeur d’Isae-Ensma et professeur des universités. Majdi Khoudeir obtient un doctorat en optoélectronique à l’Université de Poitiers en 1990. Reçu à l’agrégation de sciences physiques en1993, il obtient une habilitation à diriger des recherches en 2004 avec comme spécialité le traitement du signal et de l’image. Majdi Khoudeir est Chevalier dans l’Ordre des palmes académiques en 2007, Chevalier dans l’Ordre National du Mérite en 2011 et Officier dans l’Ordre des palmes académiques en 2014.

« La recherche par essence c’est toujours la dimension internationale en termes de connaissances. Les connaissances n’ont pas de limites géographiques donc il y a des partenariats, il y a des rencontres avec des chercheurs internationaux.»

« Il est vrai que l’école a la chance que son potentiel recherche, avec ses enseignements, lui permettent aussi de figurer sur des thématiques de mechanical engineering dans des classements comme le classement de Shanghai.»

« Le temps s’est accéléré c’est-à-dire qu’on ne peut plus dire « oui, on va trouver des solutions dans 100 ans, dans 200 ans». Non, cela n’est plus possible car on a une échelle de temps qui s’est réduite. On le voit bien sur les programmes des différents gouvernements pour dire à une échelle de temps donnée comme France 2030. On peut aussi prendre l’exemple de l’ONU avec des objectifs au niveau mondial de réduction d’émission d’un certain nombre de choses.»

 

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En podcast :

Court extrait de l’interview de Majdi Khoudeir, Directeur d’Isae-Ensma et professeur des universités:

Parcours

Je suis actuellement professeur des universités et directeur de l’ISAE-ENSMA. Je suis d’origine syrienne et j’ai fait mes études secondaires au Maroc. Je suis venu en France pour faire mes études universitaires avec un cycle universitaire et un doctorat, avec une agrégation durant mon parcours. J’ai poursuivi un parcours d’enseignant-chercheur à l’université et depuis 2 ans je suis à l’école d’ISAE-ENSMA sur le site du Futuroscope.

Mon parcours professionnel a été un parcours d’académicien, c’est-à-dire universitaire, principalement en tant qu’enseignant-chercheur avec une partie recherche forte comme tous les enseignants-chercheurs. Mais une particularité aussi liée aux questions de partenariats industriels au travers de cette recherche. Mon domaine de recherche concerne plus les systèmes numériques, d’analyse d’image, de système de métrologie, d’optique. Dans ce cadre-là, on a l’occasion de travailler sur différentes thématiques comme l’aéronautique, mais aussi les systèmes de vision pour des applications médicales, ça peut être également de l’intelligence artificielle. Le spectre est très large.

Sur mon sujet de thèse, j’ai travaillé en optoélectronique où je m’intéressais justement au comportement des composants électroniques sous des conditions particulières et donc c’est dans ce cadre-là que j’ai fait ma thèse.

Rencontre particulière

Je ne vais pas parler sur le plan d’une rencontre particulière, je vais parler en termes de rencontres plurielles. Avec cette dimension, qu’à chaque fois, j’avais vraiment été marqué par les personnes que je rencontrais sur leur volonté de contribuer à transmettre aux autres et leur volonté de comprendre le monde qui nous entoure, ça c’est quelque chose qui est important pour moi. Et aussi cette volonté d’essayer de contribuer à améliorer les choses pour nos sociétés.  Cela a été les trois facteurs qui m’ont toujours guidé.

L’école d’ingénieurs ISAE-ENSMA

C’est une école qui forme des ingénieurs qui démarre à bac + 3. Il s’agit d’un cycle d’ingénieurs de Bac + 3 à bac + 5, des ingénieurs spécialisés en mécanique et aérotechnique, mais cela couvre un très large spectre. Aussi bien de l’étude de structure, on a la question de l’étude des phénomènes thermiques, on peut avoir les questions énergétiques, d’aérodynamisme, on a aussi les questions de systèmes embarqués. On a deux cycles ingénieur : un cycle par la voie classique de statut étudiant et un cycle par l’apprentissage. Dans la voie classique, le cycle classique on peut faire la 3e année sous contrat de professionnalisation donc en partenariat avec des entreprises, ça, c’est pour la partie ingénieur. On a aussi un cycle de Master avec différentes spécialités, dont deux masters internationaux. Puis un troisième volet de nos formations c’est le cycle de doctorat où on a une centaine de doctorants dans l’école qui font leurs travaux de thèse pour obtenir leur doctorat. On propose aussi de la formation tout au long de la vie pour un certain nombre de partenaires d’entreprises.

Comment fonctionne la recherche à ISAE-ENSMA  ?

À Isae-Ensma on accueille deux laboratoires en partenariat avec le CNRS et l’université de Poitiers. Ces deux laboratoires s’intéressent aux questions de mécanique, d’énergie, de propulsion et des matériaux. Toutes ces disciplines et les systèmes embarqués numériques. La recherche par essence c’est toujours la dimension internationale en termes de connaissances. Les connaissances n’ont pas de limites géographiques donc il y a des partenariats, il y a des rencontres avec des chercheurs internationaux. On peut accueillir des chercheurs internationaux dans nos murs,  nos collègues se déplacent aussi à l’international. Je rappelle la notion de chercheur à l’école : un certain nombre d’enseignants qui sont principalement des enseignants-chercheurs c’est-à-dire qui doivent une partie de leur temps, globalement c’est la moitié du temps, faire de l’enseignement et l’autre partie du temps faire de la recherche. Cette recherche se fait, bien sûr, sur des sujets techniques ou scientifiques où il y a encore des blocages qu’il faut dépasser afin de produire de la connaissance au-delà de ces blocages-là. Dans les sciences pour l’ingénieur, souvent ces blocages sont en lien avec les industriels qui sont en train de proposer des produits. Prenons l’exemple en aéronautique sur l’avion de demain. Quelles sont les problématiques ? L’hydrogène, les batteries,…comment allège-t-on les structures ? Comment fait-on aussi de l’utilisation de la technologie existante, mais sous de meilleures conditions ?

Les challenges d’ISAE-ENSMA face aux bouleversements technologiques sans précédent

Les formations d’ingénieurs sont des formations qui sont en lien très fort avec le monde industriel. Exemples avec le nombre de stages, le nombre de projets qui sont faits par les élèves en lien avec les industriels. Mais aussi le cycle d’apprentissage qui signifie que nos étudiants doivent être en lien direct avec des partenaires industriels donc s’adapter tout de suite. Concernant les mutations que vous avez soulignées, c’est quelque chose qui est important de considérer ! En effet, le temps s’est accéléré c’est-à-dire qu’on ne peut plus dire « oui, on va trouver des solutions dans 100 ans, dans 200 ans.». Non, cela n’est plus possible car on a une échelle de temps qui s’est réduite. On le voit bien sur les programmes des différents gouvernements pour dire à une échelle de temps donnée comme France 2030. On peut aussi prendre l’exemple de l’ONU avec des objectifs au niveau mondial de réduction d’émission d’un certain nombre de choses. Donc cette notion de temps est importante à prendre en compte et c’est pour cela que je dis que l’évolution de nos formations doit  être permanente. Je dis souvent aux élèves pour tout ce qui concerne l’aéronautique on a eu la première phase où il y a eu les pionniers de l’aéronautique avec un certain nombre de réalisations et de courages ce qui nous ramène un siècle en arrière et là il y a les pionniers de la nouvelle aéronautique parce qu’il y a un certain nombre de choses qui doivent évoluer.

Bonne écoute :).

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