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Marie-Anne Clair, première Directrice du Centre Spatial Guyanais (CSG/CNES)

par | Août 9, 2022 | Interviews / Podcasts, Retrouvez toutes nos actualités | 0 commentaires

Marie-Anne Clair, Directrice du Centre Spatial Guyanais (CSG-CNES). Ancienne directrice des systèmes orbitaux du CNES, Marie-Anne Clair diplômée de l’École Polytechnique Féminine. Elle entre au CNES à la direction des Lanceurs en 1983. Elle a été chef de projet du spectromètre du satellite Intégral puis de la filière de microsatellites Myriade. Puis devient Directrice adjointe à la direction des Lanceurs de 2013 à 2016

En vidéo sur Youtube:

Marie-Anne Clair, Association Odyssée Céleste

Marie-Anne Clair, 1ère Femme Directrice du Centre Spatial Guyanais (CSG/CNES)

En podcast :

 

Parcours professionnel

 

En 1983 je me suis retrouvé doter d’un diplôme d’ingénieur et à l’époque on pouvait travailler, il y avait plusieurs offres d’emplois qui s’offraient à nous. C’était une période plus faste peut-être qu’aujourd’hui en tout cas. J’ai hésité longuement entre aller chez Dassault Aviation pour travailler sur le Rafale qui était en cours de développement à l’époque où venir au CNES et là l’attrait du spatial me tenaillait vraiment. Donc je suis rentré au CNES comme ingénieur d’études au début sur les Lanceurs à Évry. Puis ensuite j’ai quitté Évry en 1988 pour rejoindre les équipes de satellites à Toulouse c’est là où j’ai fait le plus gros de ma carrière. Mon parcours professionnel : j’ai été successivement responsable des opérations de mise à poste de Spot 2.

 

J’étais en charge des interfaces de la phase propulsée d’Hermès, en interface entre Ariane 5 et Hermès, à l’époque où on parlait de cette navette spatiale. Puis à l’issue d’Hermès et ce qu’il a été, je suis ensuite parti côté projets scientifiques. J’ai été à la tête de pas mal de projets à vocation scientifique, d’astrophysique, d’astronomie d’exploration de l’univers. On peut citer Intégral, le microscope Déméter et beaucoup d’autres projets sur lesquels j’ai aussi pas mal travaillé voilà ce qui m’a conduit à grimper aussi dans la hiérarchie. J’ai d’abord été ingénieur d’études puis ingénieur système puis chef de projet puis chef de chef de projet et puis enfin sous-directrice !

Et là je suis partie m’occuper des affaires de ballons stratosphériques du CNES, encore des missions scientifiques, mais d’observations de la terre et ça a été une période très intéressante et très enrichissante puisque c’est une activité tout à fait spécifique au CNES. On quitte les lanceurs et les satellites mais on va quand même très haut dans l’atmosphère jusqu’à 40 à 45 km avec des objets fascinants parce que ce sont des gros ballons qui nous permettent d’emmener jusqu’à une tonne de télescopes au-dessus de l’atmosphère ou quasi au-dessus de l’atmosphère.  Pas complètement car si il n’y avait plus l’atmosphère du tout il y aurait plus de ballons non plus .

 

 

Une rencontre particulière

 

« Il y a plusieurs personnes qui ont comptés je dirais dans l’exercice professionnel ! J’en citerais deux.

D’une part un, de mes anciens directeurs de Toulouse qui s’appelait Michel Courtois à l’époque, peut-être certains d’entre vous connaissent. Il est à la retraite depuis quelques années. Et alors lui je sais vraiment pas ce qui lui a pris, je lui dis souvent puisque je continue de le voir, je ne sais pas ce qui lui a pris de nommé chef de projet d’un projet aussi important du CNES une jeune femme qui n’était pas polytechnicienne et qui était encore en âge de faire des enfants !

Je dirais quand même qu’à cette époque-là, il a pris un risque, je ne sais pas si on peut dire un risque qu’il m’a fait confiance et j’ai accepté puisque c’est lui qui m’a proposé de prendre ce poste et quand j’y réfléchis encore maintenant je me dis que dans le monde dans lequel on vivait à cette époque c’était très masculin, c’était dans les années 90. Il m’a vraiment offert une opportunité que j’ai saisi bien sûr mais qui était quasi inattendue dans le monde dans lequel on vivait. En tout cas cela était très surprenant! Il m’a ouvert les portes de la maison. »

 

Trois grands projets au CSG

 

« Je dirais d’abord, il y a la rénovation de la base puisque nous avons décidé en 2019 de mener un certain nombre d’actions de rénovation de la base. Cette base avait été remise complètement à niveau pour les lancements d’Ariane 5 à la fin des années 1990. Depuis effectivement on n’avait pas fait encore de ce qu’on appelle le grand carénage, de revisite complète de nos installations et de nos moyens. C’est ce qu’on est en train de faire ! On a démarré en 2019 une première phase. Un projet très emblématique qui va toucher un nouveau centre de contrôle qui va permettre de gérer plusieurs lancements en parallèle et du coup d’avoir des durées, des temps entre deux lancements qui vont être réduits. Ils vont passer de 11 jours à 48 heures ce qui nous permettra d’avoir une base très flexible et donc d’améliorer notre compétitivité.

 

On va également améliorer tous nos réseaux! Nos réseaux d’eau, nos réseaux d’énergie en verdissant cette énergie avec des centrales photovoltaïques avec on l’espère des centrales biomasse qui vont venir compléter notre jeux de génération d’énergie et puis également des rénovations sur nos radars qui sont nécessaires pour la sauvegarde des populations sol puisqu’ils suivent le lanceur pendant les premières phases notamment de la trajectoire et ils permettent indépendamment des lanceurs de savoir où il est, donc dans un cas évidemment qu’on ne souhaite pas mais ça peut arriver, pouvoir détruire le lanceur s’il devait quitter sa trajectoire nominal. Ça c’est un des projets emblématiques de la base qui occupe beaucoup les ingénieurs actuellement. Deuxième projet emblématique c’est l’arrivée d’Ariane 6 puisque l’année prochaine en 2022 nous allons voir au CSG l’arrivée d’Ariane 6. On va inaugurer le pas tir d’Ariane 6 qui s’appelle le LA4 (l’ensemble de lancement numéro 4). Il va être inauguré fin septembre. On va pouvoir démarrer en suivant de nombreux essais de compatibilités entre le lanceur et le pas de tir… »

 

 

L’équipe:

  • Une interview de Halim BENNADJA, chef de projet à l’Association Odyssée Céleste
  • Réalisation/montage: Halim BENNADJA
  • Copyright CNES-CSG/ ESA/ Wikipédia/ Association Odyssée Céleste

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