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Julie Lespagnol, architecte d’opération, Airbus Defence & Space.

par | Déc 6, 2023 | Interviews / Podcasts, Retrouvez toutes nos actualités | 0 commentaires

A la suite d’un diplôme à l’ESTACA, l’école supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile, elle construit sa carrière en sport automobile sur des championnats internationaux. Une carrière qui la mènera jusqu’au poste d’Ingénieur en Chef pour le premier véhicule électrique de compétition pour Hyundai Motorsport GmbH. A la recherche d’un nouveau challenge international, elle choisit l’exploration spatiale comme prochaine étape. Elle se lance alors dans un changement de carrière en intégrant le Master Spécialisé de l’International Space University (ISU) parmi 40 étudiants venus du monde entier. Prochainement, elle rejoindra les équipes de Airbus Defence & Space à Stevenage (Angleterre) en tant que Operation and FDIR Architect (fiabilité et sécurité de mission).

 

« Croyez en vos rêves ! Il y a plein d’exemples de réussites dans la société.»

 

« C’est vrai qu’étant enfant, j’aimais bien regarder le ciel, regarder les constellations, raisonner sur la formation du système solaire et le développement de la conquête spatiale, en pleine effervescence dans les années 1960. Tout cela m’est revenu à l’esprit et je me suis dit : « pourquoi pas ? »

« Ce qui m’a beaucoup plu avec l’International Space University (ISU) c’est leurs trois valeurs au niveau de leur programme qu’ils appellent les trois « i » . Qui correspondent à « International, Interculturel et Interdisciplinaire ». Au niveau de la promotion, on était 40 étudiants sélectionnés à travers le monde. Nous venions de tous les continents, de tous les âges, de tous les milieux.»

 

L’interview d’exception de Julie Lespagnol, architecte d’opération et gestion des risques en mission chez Airbus Defence & Space:

En vidéo sur Youtube:

 En podcast :

 

Parcours

Je suis Julie Lespagnol, ingénieure pour Airbus Defence and Space à Stevenage au Royaume-Uni. Actuellement j’occupe un poste d’architecte d’opération et gestion des risques en mission. Concernant mon parcours d’étudiante, il faut savoir que je viens d’un milieu totalement différent du spatial. Ma passion initiale est celle du sport automobile. Pour donner vie à cette passion, j’ai intégré l’ESTACA, une école d’ingénieurs reconnue dans le domaine des transports aussi bien dans l’automobile, l’aéronautique, le naval que le spatial. Au cours de ce parcours, j’ai pu obtenir les clés de l’ingénierie, mais également les connaissances associées à l’automobile.

Reconversion professionnelle: de l’automobile 🏎️ à l’ingénierie spatiale 🚀

 

En 2020, on a eu la crise sanitaire. À ce moment-là, j’étais encore chez Hyundai Motorsport GmbH au poste d’ingénieur en chef. Au début de la crise on a eu 25 % de notre budget qui a été coupé mais avec les mêmes objectifs. Ce qui nous a demandé énormément d’efforts au niveau de l’équipe pour trouver des solutions afin de maintenir les mêmes objectifs.

En novembre 2020, on nous a félicités parce qu’on avait réussi à réaliser tous les objectifs ! Mais pour le coup, la décision a été prise de ne pas débloquer de budget pour le développement de la voiture pour l’année prochaine. Or, si on n’a pas de budget de développement, cela veut dire que la voiture reste telle quelle. On était en novembre 2020, sachant que la première course était en juin 2021, presque 8 mois après. Dans ce contexte compliqué, j’avais une équipe d’ingénieurs qui gardait son travail, il n’y avait pas de problème de ce côté-là !

Pour ma part, le problème était qu’en tant qu’ingénieur, on me demandait d’arrêter de développer, ce n’était pas possible ! Si j’arrête de développer, je travaille sur quoi ? Je ne vais pas juste me contenter de noter tous les problèmes puis attendre qu’il y ait à nouveau du budget ?

En fait, c’est à ce moment-là que je me suis posé la question : est-ce que je ne pourrais pas faire autre chose que du sport automobile ? Il y a donc cette idée du spatial qui est apparue au milieu des rêves d’enfance. C’est vrai qu’étant enfant, j’aimais bien regarder le ciel, regarder les constellations, raisonner sur la formation du système solaire et le développement de la conquête spatiale, en pleine effervescence dans les années 1960.Tout cela m’est revenu à l’esprit et je me suis dit:  « pourquoi pas ? »

À la suite, j’ai contacté l’Université Internationale du spatial (ISU), je leur aie expliqué que j’étais en sport automobile et qu’aujourd’hui je m’intéressais à nouveau au spatial. Ils m’ont proposé une première formation qui a eu lieu en janvier 2021 avec l’université d’Adélaïde. Le SSP qui est un programme de 5 semaines entre l’ISU et l’université d’Adélaïde avec différents professionnels du spatial m’a permis d’avoir un avant-goût et m’a aussi permis de réfléchir et de me dire, voilà mes compétences automobiles, où puis-je les utiliser?  La première chose qui m’est venue en tête, c’est l’ensemble des domaines de mobilité liés aux rovers. Notamment lorsqu’on repense aux missions Apollo. À la suite de cela, j’ai envoyé ma candidature à l’ISU puis j’ai eu le plaisir d’apprendre en mars 2021 que j’étais prise pour l’année pour le MSS 2022.

Pourquoi avoir choisis l’International Space University (ISU), au lieu d’ISAESUPAERO ?

 

 

C’est une très bonne question! J’avoue que je n’ai pas été les voir. Ce qui m’a beaucoup plu avec l’ISU c’est leurs trois valeurs au niveau de leur programme qu’ils appellent les trois « i » . Qui correspondent à « International, Interculturel et Interdisciplinaire ». Au niveau de la promotion, on était 40 étudiants sélectionnés à travers le monde. Nous venions de tous les continents, de tous les âges, de tous les milieux. Du coup, pendant une année, on étudie ensemble des sujets qui sont aussi bien liés à la médecine appliquée, au spatial qu’à l’ingénierie du management, du business, de la politique et du New Space. Vraiment tous les sujets, et c’est vraiment ça qui m’a interpellé au niveau de l’ISU. On abordait des sujets d’actualité, mais sur tous ces angles. Cela nous permettait d’avoir une véritable image globale de ce qu’est le spatial. Ce qui m’a également beaucoup marqué dans ce programme c’est les activités de groupes, on était très mélangé entre nous. On était donc amené à travailler avec des personnes n’ayant pas forcément fait de l’ingénierie ou qui avaient fait du management, d’autres qui avaient des backgrounds plus scientifiques, d’autres, plus journalistiques.

C’était aussi différents mondes qui se rencontraient et nous devions produire quelque chose sur un sujet du spatial. J’ai trouvé ça totalement incroyable et j’ai appris énormément du coup en travaillant avec ces différentes personnes.

 

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Julie Lespagnol, Operation and FDIR Architect (fiabilité et sécurité de mission) chez Airbus Defence & Space.